Salon de Francfort (IAA) : retour sur la voiture autonome

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La 67e édition de l’Internationale Automobile-Ausstellung se tenait récemment à Francfort en Allemagne. Au programme, une exposition des principales nouveautés qui, comme on pouvait s’y attendre, tournaient autour de l’électrique, de la connectivité, et bien sûr de la conduite autonome, qui a suscité un intérêt particulier.

L’autonomie :  une question de niveaux

Avant tout, il est important de savoir que pour ce qui est de la conduite automobile, la notion d’autonomie ne désigne pas seulement les voitures pouvant rouler sans conducteur. En effet, 5 catégories distinctes sont établies. Le niveau 1 est celui de l’assistance à la conduite, avec un ordinateur de bord, un régulateur de vitesse avec ou sans direction assistée ; le conducteur de la voiture autonome reste entièrement sollicité.

Le niveau 2 correspond à l’automatisation partielle, avec une gestion accélération/décélération, et parfois de la direction ; le conducteur n’est sollicité que pour comprendre son environnement et peut toujours reprendre le contrôle. Le niveau 3 est celui de l’automatisation conditionnelle : le véhicule peut agir selon son environnement, dépasser d’autres véhicules, maintenir le cap, ou décélérer en cas de non-respect de la distance de sécurité, grâce au dispositif d’intelligence artificielle.

Le niveau 4 équivaut à l’automatisation élevée ; la voiture pouvant prendre des décisions sans recourir au conducteur dans certaines circonstances. Quant au niveau 5, il correspond à l’automatisation à 100%. La voiture connectée peut rouler en toutes circonstances sans intervention humaine.

La voiture autonome, un futur plus proche que jamais

Cela ne fait désormais plus aucun doute et tous les constructeurs automobiles en sont convaincus : l’avenir passe nécessairement par l’autonomie automobile, partielle ou totale. De fait, le récent salon de Francfort a été témoin d’une véritable révolution automobile, avec l’exposition de nombreux véhicules connectés.

Entre les vastes stands Volkswagen et Mercedes, des véhicules truffés de caméras et de capteurs ont été pilotés par des experts pour des tests sur circuit fermé. D’autres grands noms de l’automobile étaient bien sûr de la partie, notamment Daimler, Audi, Renault, BMW, associés à des équipementiers tels que Bosch, Continental, ZF, Tesla, pour ne citer que ceux-là.

Les véhicules essayés étaient globalement de niveaux 2 ou 3 ; et certains constructeurs comme BMW promettent même une voiture autonome de niveau 4 voire 5 pour 2021. De façon générale, beaucoup d’analystes s’accordent sur le fait que d’ici 2035, les modèles 100% autonomes représenteront une part importante de la production mondiale.

Plus de méfiance que de fascination

Entre autres fonctionnalités appréciées figurent le freinage d’urgence en autonomie, le changement de file intempestif et le stationnement. Ainsi, sur la piste de l’IIA, on a pu apprécier des voitures se rapprocher à plus de 50 km/h d’un véhicule arrêté (comme dans un embouteillage), puis s’immobiliser spontanément devant l’obstacle sans aucune intervention humaine. Une telle réactivité réduira certainement le taux d’accidents et d’incidents aux volants.

Cependant, bien que le freinage se soit révélé efficace, un point d’ombre s’est fait ressentir. Il s’agit de la réserve, quant à l’idée de s’en remettre entièrement au véhicule, aussi performant soit-il. Faire entièrement confiance à une machine, avec tous les dangers de la route, ce n’est pas gagné d’avance. Par ailleurs, la perte du côté un peu « fun » de la conduite manuelle a été également mise en exergue, même si la sécurité reste prioritaire. Autant dire que la voiture autonome ne fait pas encore l’unanimité, ce qui n’est pas de très bon augure surtout au regard des nombreux enjeux associés.

Des défis considérables

Un concept si innovant aura forcément de multiples implications. D’abord, il faut considérer le volet technologique. La révolution digitale demande la mobilisation des plus récentes technologies, qui pour la plupart, laissent encore une pointe de scepticisme. Ensuite, l’aspect économique n’est pas à négliger: une telle révolution requiert de gros investissements financiers, ce qui rendra probablement la voiture du futur peu accessible, ne serait-ce que dès le début de sa commercialisation.

Enfin, comme le souligne si bien le site d’actualité automobile Fleetmag, les véhicules autonomes auront un impact non négligeable sur l’écosystème, mais aussi sur les relations et contrats avec les structures d’assurances. La notion de responsabilité, ainsi que la cohabitation entre véhicules autonomes et non autonomes seront autant de points à rediscuter.

Véritable projet du futur, la voiture autonome présente des avantages certains et attractifs à plus d’un titre. La peur et la méfiance, ainsi que les enjeux considérables à divers niveaux constituent cependant des points saillants que les constructeurs devront bien gérer, pour faire de l’autonomie complète un succès. Rendez-vous donc dans un futur proche, pour un nouveau bilan.

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